Ce midi-là, je n’avais rien planifié… Juste un peu de fatigue, un frigo à moitié vide, et cette envie de ne pas me casser la tête. J’ai ouvert la porte, j’ai regardé les restants : quelques tomates ramollies, un peu de fromage, un fond de pâtes d’hier, du pain de la veille. Rien qui annonçait un grand repas, et pourtant, avec un filet d’huile d’olive, un peu d’improvisation, c’est devenu le dîner du jour, et pas juste pour moi, pour tout le monde.
Pendant que ça mijotait doucement, je me suis surpris à sourire. Ce n’était pas un festin, mais il y avait quelque chose de réconfortant à nourrir ma gang avec ce qu’il y avait. À voir les assiettes se remplir, les fourchettes taper contre les verres, les conversations se mêler au bruit du vent dehors, et tout ça juste à partir de quelques restants qu’on aurait pu jeter sans y penser.
Je crois que c’est ça, le vrai goût des choses simples : ce moment où on fait avec ce qu’on a, sans se plaindre de ce qu’on n’a pas. On croit souvent qu’il faut beaucoup pour créer du beau, alors qu’en réalité, il suffit d’un peu d’attention, d’un peu d’amour, et du plaisir d’être ensemble autour d’une table. Ce n’est pas la perfection qui nourrit, c’est la chaleur.
Quand tout le monde a quitté la table, j’ai regardé les miettes de pain sur la nappe. Celles des enfants surtout, éparpillées comme des traces de vie. Le verre à moitié plein, la sauce sur le coin de la cuillère, un torchon abandonné sur le comptoir. J’ai pris une grande respiration. Ce n’était pas parfait, mais c’était vrai, et ça m’a fait du bien.
Dans un monde où tout doit être beau, calibré, optimisé, il y a une magie immense dans ces repas improvisés qui sentent le vrai, la simplicité et le partage. Ces moments-là ne se photographient pas vraiment : ils se ressentent. Et c’est peut-être ça, le luxe aujourd’hui, avoir encore la capacité de goûter aux petites choses, de s’émouvoir d’un reste transformé, d’une table un peu en désordre, mais pleine de vie.
Tu veux recevoir les prochains articles dès leur parution ?