Il y a toujours un petit quelque chose qui se passe en dedans quand la première neige arrive. Pas un grand changement spectaculaire, juste une sorte de respiration qui se replace, comme si l’air devenait plus propre, plus droit, plus doux. On dirait que le monde ralentit d’un cran, et que même le bruit des autos finit par se faire plus discret sous la couche blanche. C’est drôle parce qu’on sait très bien que l’hiver sera long, qu’il y aura des tempêtes, des trottoirs glacés, des gants mouillés, mais malgré tout, la première neige réussit toujours à ramener un peu de magie, un peu de calme. Comme si on recommençait quelque chose…
Moi, ce matin, en ouvrant la porte, j’ai senti un petit frisson qui n’avait rien à voir avec le froid, c’était ce genre de moment où tu réalises que tout va se replacer un peu. Que le tapis blanc qui s’est étendu pendant la nuit vient juste te dire que tu peux t’arrêter, que tu peux marcher moins vite, que tu peux te permettre une pause. Il y a quelque chose dans la première neige qui nettoie l’intérieur autant que l’extérieur. Ça décolle les pensées trop lourdes, ça apaise la tête, ça nous ramène au moment présent sans trop d’efforts.
Et je me suis surpris à penser que c’est peut-être ça, une routine d’hiver. Pas quelque chose de compliqué, pas de grandes résolutions, juste une façon plus douce de vivre ses journées. Revenir chez soi un peu plus tôt, éclairer la maison différemment, s’accorder du temps dans une couverture chaude. S’autoriser à ralentir, à sortir du mode performance, à arrêter de courir après quelque chose qu’on ne trouve même plus.
Je me dis souvent que la neige nous invite à redevenir simple, à se rappeler l’essentiel. À se déposer dans une chaleur qui n’a rien à voir avec les radiateurs, mais tout à voir avec la façon dont on se traite. On a tellement tendance à s’oublier, à pousser un peu trop loin, à vouloir être partout en même temps… Mais la première neige, elle ne demande rien, elle s’installe, elle attend. Elle recouvre ce qui fait du bruit. Elle nous montre que le reste peut attendre aussi.
Alors aujourd’hui, si t’es sortie dehors et que t’as pris une petite seconde avant d’avancer, si t’as senti que ça te faisait du bien, c’est normal. La première neige a cette façon de nous rappeler qu’on a le droit de recommencer doucement, sans se presser, sans se justifier. C’est peut-être ça la beauté de ce moment-là. On dépose. On respire. On se retrouve un peu.
Et si tu sens que ton cœur ou ton corps te réclame quelque chose de plus simple en ce moment, écoute-le. L’hiver commence, on n’a pas besoin d’être parfait, on a juste besoin d’être vrai.
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