Il y a des jours qui portent en eux une mémoire particulière, un rythme différent, une respiration que le reste de la semaine ne connaît pas. Le dimanche, pour moi, a toujours eu cette saveur là, pas seulement parce qu’il annonçait un répit, mais parce qu’il ramenait quelque chose de plus profond, un souvenir, une chaleur, un visage.

Quand j’étais jeune, le dimanche appartenait à mon grand-père. C’était son jour. Il se levait tôt, s’habillait avec soin, et partait pour la messe, comme on part vers un rendez-vous qu’on n’a jamais manqué. Il était très croyant, très pratiquant, pas de manière sévère, mais avec une foi simple, enracinée, presque joyeuse. Pour lui, la messe, c’était le point de départ de sa journée préférée.

Mais son vrai plaisir commençait après. Une fois les bancs vidés, il montait sur le balcon de l’église, et là, c’était son petit royaume. Il jasait avec tout le monde. Il connaissait les familles, les histoires, les rires et les secrets. Il racontait, il riait, il faisait son show sans même s’en rendre compte. Les gens restaient là, un peu plus longtemps que prévu, juste pour l’écouter, pour le voir sourire. C’était sa façon à lui d’aimer le monde.

Aujourd’hui encore, quand arrive le dimanche matin, il me revient en mémoire. Je le revois, sur son balcon, le regard pétillant, le verbe facile, le cœur grand. J’ose croire que j’ai probablement un peu de lui… Et je me dis que, peut-être, c’est ça aussi, le sens du dimanche, se rappeler d’où on vient, ralentir un peu, parler pour rien, mais parler quand même. Prendre le temps de jaser avec la vie.

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