Pendant des années on peut écrire sans oser dire. Des années où les cahiers se remplissent, où les idées s’empilent, mais où rien ne sort vraiment du tiroir. J’ai longtemps vécu comme ça. J’écrivais des textes, des chansons, des pensées, des phrases jetées entre deux silences, puis je les rangeais soigneusement, comme on range un rêve qu’on ne sait pas encore assumer. Ce n’était pas de la peur, pas tout à fait, c’était plutôt une retenue, comme si je n’étais pas encore prêt à laisser mes mots respirer en dehors de moi.
Et puis, doucement, quelque chose s’est mis à bouger. J’ai ouvert une petite fenêtre : un blog. Au début, c’était juste pour écrire sans but, sans attente. Un espace pour déposer ce qui m’avait toujours accompagné sans jamais être vu, et je crois que c’est là que tout a commencé à revivre… Parce qu’en donnant un lieu à mes mots, j’ai cessé de les cacher. Ils se sont mis à exister autrement, à trouver leur rythme, leur lumière, leurs lecteurs.
Il y a eu beaucoup d’émotion dans ce passage-là. C’est difficile à décrire, mais c’est comme si je retrouvais une part de moi que j’avais laissée en attente. Chaque texte publié, chaque phrase mise au jour, c’était un morceau de silence qui se transformait en souffle. Et à travers ce souffle, j’ai compris que j’avais toujours eu besoin d’écrire, non pas pour être lu, mais pour me sentir vivant.
Aujourd’hui, j’ai franchi une autre porte. Certains de ces textes, que j’avais écrits il y a longtemps, je les mets maintenant en musique. C’est étrange et bouleversant à la fois, des mots qui ont dormi pendant des années reprennent vie, mais autrement, portés par une mélodie. Ils me reviennent comme des amis perdus qu’on retrouve avec tendresse. Et je me surprends à ressentir la même émotion qu’à l’époque où je les ai écrits, sauf qu’aujourd’hui, je la partage.
Je crois que c’est ça, le vrai bonheur, ne plus garder pour soi ce qui fait battre le cœur. Laisser sortir, laisser vibrer, sans calcul, sans peur du regard. Parce que les mots qu’on retient finissent par s’éteindre, et ceux qu’on ose offrir allument quelque chose en soi, et parfois chez les autres aussi.
Je suis un homme heureux, profondément. Heureux d’avoir enfin ouvert ce tiroir, d’avoir laissé s’envoler toutes ces années contenues. Heureux que mes mots, sous toutes leurs formes, trouvent aujourd’hui un écho, une oreille, une âme.
À ceux qui me lisent, à ceux qui m’écoutent, à ceux qui se laissent bercer par une chanson ou un texte, merci.
Merci de me rappeler que tout ce qui dort peut renaître, si on a le courage un jour, simplement, d’ouvrir le tiroir.
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