Il y a un moment, chaque année, où tout ce qui déborde finit par se déposer. C’est ce moment-là que l’automne nous offre, celui où l’on se retrouve enfin face à l’essentiel. Quand la lumière change, quelque chose en nous se met à chercher un peu plus de clarté. On regarde nos journées autrement, on se rend compte que certaines choses qu’on croyait urgentes ne le sont plus, et que d’autres trop souvent repoussées, mériteraient qu’on leur fasse de la place. Faudrait-il donc ralentir en automne?

L’automne n’a rien d’un hasard. Il ralentit la lumière juste assez pour qu’on y voie plus clair. Et quand les journées raccourcissent, on réalise que notre énergie, elle aussi, a besoin d’un tri. On ne peut pas tout faire, tout maintenir, tout porter, il faut choisir. Et choisir, c’est déjà se recentrer. Souvent, on confond mouvement et vie. On croit qu’en restant occupé, on avance, ais à force de courir, on finit par se perdre. L’automne, lui, nous enseigne le contraire, les feuilles tombent, les arbres respirent mieux, et peut-être que nous aussi, on a besoin d’un peu de chute pour retrouver nos racines.

Ralentir en automne, recentrer ses priorités, ce n’est pas tout arrêter. C’est réapprendre à dire non à ce qui éparpille, pour dire oui à ce qui nourrit. Il y a des relations qu’on garde, des habitudes qu’on dépose, des projets qu’on ralentit, non pas parce qu’ils ne valent rien, mais parce qu’ils peuvent attendre. Et puis il y a ce besoin de faire moins, mais mieux. C’est une forme de beauté qu’on oublie souvent, celle du choix conscient. Quand on choisit, on retrouve du pouvoir, quand on se recentre, on se retrouve.

Ce n’est pas un hasard si c’est à l’automne qu’on allume des bougies, qu’on remet des couvertures, qu’on cherche la chaleur plus que la vitesse, tout en nous cherche à se poser. C’est souvent à ce moment-là qu’on découvre que le bonheur, ce n’est pas d’en faire plus, mais d’être plus présent dans ce qu’on fait. Prendre soin de soi, prendre soin des autres, créer, respirer, écouter, se taire, recommencer doucement. Ce sont là les vraies priorités.

Alors peut-être qu’au lieu de faire des listes de tâches, on pourrait faire des listes de ce qu’on aime. Peut-être qu’au lieu de remplir nos journées, on pourrait les habiter. Et peut-être qu’au lieu de tout vouloir équilibrer, on pourrait juste apprendre à être bien, là où on est. L’automne, c’est la saison du tri. Pas seulement dans nos garde-robes, mais dans nos vies. C’est la saison qui nous rappelle qu’on n’a pas besoin d’autant de feuilles pour rester debout.

Ralentir en automne et se recentrer, c’est faire le choix du calme. Et parfois, c’est le plus grand acte de courage qu’on puisse poser.

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